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Burundi | Plan de réponse humanitaire 2021

En 2020, les populations burundaises ont été affectées par les effets dévastateurs des catastrophes naturelles, par une augmentation importante du mouvement de retour des réfugiés burundais et par l’impact socioéconomique de la Covid-19. Ces différents chocs, conjugués à la faiblesse préexistante des infrastructures, des services sociaux de baseet des mécanismes de résilience ont poussé 2,3 millions de personnes dans le besoin d’assistance humanitaire en 2021. Parmi elles, 700 000 personnes auront des besoins humanitaires aigus. La survenue de désastres naturels – glissements de terrain et inondations – a causé des morts, détruit des abris, des productions agricoles, des infrastructures et des moyens de subsistance. Elle a également généré d’importants déplacements de population durant l’année 2020. Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a ainsi augmenté de près de 25 pour cent par rapport à l’année précédente et il était estimé à 131 000 en août 2020. Ces personnes – dont les plus vulnérables sont à l’est (Cankuzo et Ruyigi) et à l’ouest (Bujumbura et Bujumbura Mairie) du pays – ont vu leurs conditions nutritionnelles, sanitaires et de sécurité alimentaire déjà précaires se détériorer.  En juillet 2020, à la suite des élections générales et de l'appel du nouveau Président de la République, le mouvement de retour de réfugiés burundais initié en 2017 a fortement augmenté. En 2020, 41 000 personnes ont été rapatriées. Lors des activités de suivi de protection réalisées par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) de janvier à juin 2020, 40 pour cent des rapatriés n’ont pas été retrouvés dans leurs localités de retour. A titre comparatif, ce nombre était de 9 pour cent en 2019. Selon les acteurs de la protection, ces absences pourraient être dues à de seconds déplacements liés aux diffi cultés d’accès aux opportunités économiques, aux moyens de subsistance, aux abris ou/et à la terre notamment. En outre, certains rapatriés n'ont pas de documentation civile, comme les extraits de naissance, malgré leur faible coût et les campagnes réalisées dans certains centres de transit. Cela bloque leur accès aux services, dont les services scolaires et de santé.  Aux défis liés aux mouvements de population s’est ajoutée la détérioration de l’économie causée par la pandémie de Covid-19. Alors qu’il est classé 185ème sur 189 pays sur l’indice de développement humain (IDH), le pays pourrait voir ses perspectives de croissance se détériorer. La Banque Mondiale prévoit, en effet, une augmentation de la pauvreté, dont le taux pourrait passer de 83,4 pour cent en 2019 à près de 85,9 pour cent en 2022. Ces différents chocs devraient renforcer les défis structurels préexistants liés à l’accès aux services sociaux de base et qui constituent des facteurs déterminants des besoins humanitaires du pays. Si nous devons nous réjouir de la diminution continue du taux de malnutrition chronique au cours de ces quatre dernières années, le taux de 527 pour cent enregistré en 2020 reste cependant supérieur au seuil critique de 40 pour cent fi xé par l’OMS. Par ailleurs, les résultats de la dernière analyse du Cadre Intégré de Classifi cation de la Sécurité alimentaire (Integrated Food Security Phase Classifi cation-IPC) d’octobre à décembre 2020, indiquent que 1,3 millions de personnes – soit 11 pour cent de la population burundaise – sont en situation d’insécurité alimentaire aigue. Cette situation devrait s’empirer au début de l’année 2021 pour toucher près de 2 millions de personnes – soit près de 15 pour cent de la population du pays. Les catastrophes naturelles et les mouvements de population ont également renforcé les diffi cultés d’accès aux infrastructures, notamment aux infrastructures sanitaires et d’eau, d’hygiène et d’assainissement, renforçant les risques de transmission des maladies hydriques. Quelque 2,3 millions de personnes seront dans le besoin d’une assistance humanitaire dont 700 000 qui présenteront des besoins aigus en 2021. Cela constitue une augmentation respective de 35 et 17 pour cent comparativement à 2020. Cette progression montre que la population burundaise continue d’être confrontée à des risques majeurs. Comme présenté dans l’Aperçu des Besoins Humanitaires (HNO), les changements climatiques, les catastrophes naturelles (inondations, glissements de terrain, déficits hydriques) et les maladies à potentiel épidémique constituent les principaux risques susceptibles d’engendrer des conséquences sévères au Burundi. Le Burundi est, en effet, classé 169ème sur 181 pays quant à la vulnérabilité aux catastrophes naturelles et il fait régulièrement face à la résurgence de maladies à potentiel épidémique, notamment le choléra et le paludisme. La situation sécuritaire reste calme dans l’ensemble du pays. Néanmoins, il existe quelques cas d'infi ltrations et d'actes de violence contre des positions des Forces de Défense Nationales et la Police Nationale du Burundi (FDN/PNB) et contre la population civile depuis la fi n de l’année 2019. Les problèmes de protection restent importants, avec 450 000 personnes dans le besoin d’assistance. Parmi les problématiques de protection, la question de l’accès au logement, à la terre et aux biens reste centrale. Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables aux risques de protection, notamment aux violences basées sur le genre (VBG) et de traite des personnes. La santé reproductive des femmes et des filles, leur autonomisation et leur participation au marché du travail reste problématique sur l’ensemble du pays. Malgré le rôle essentiel qu’elles jouent pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages, les femmes restent confrontées à un accès inéquitable aux facteurs de production, dont l'accès à la propriété foncière. Cette précarité structurelle est renforcée dans les situations de déplacement, notamment du fait de la diminution des moyens de subsistance et de l’accès aux services de base pouvant entrainer des stratégies risquées de survie et augmenter le risque de VBG et de traite des personnes. Malgré ce contexte, l’accès aux services de prise en charge des survivantes de VBG reste limité. Aussi, l’aggravation de la situation économique des populations renforce les risques d’exploitation et de traite qui touchent particulièrement les populations vulnérables déplacées se trouvant dans les zones affectées par les désastres naturels et celles résidant dans les zones frontalières. Selon les données de l'OIM, plus de la moitié des cas de traite identifi é sont également des personnes survivantes de VBG.

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